J’ai fait un
demi-tour pour rejoindre Delphine, passant devant la maison des ambulanciers,
qui étaient par ailleurs des amis, réunis autour d’un barbecue. Ils semblaient vouloir
me convier à partager ce moment avec eux, mais j’ai préféré poursuivre mon
chemin, pensant que mon amie m’attendait chez moi.
J’ai abordé un petit virage,
à la hauteur de l’église, noble édifice roman dont l’imposante silhouette empiétait
presque sur la route, ne laissant la place qu’à un minuscule trottoir. Elle masquait
également le grand parking de la mairie, ce qui en rendait la sortie
particulièrement dangereuse.
Cet endroit, je le connaissais bien, car six ans
plus tôt, je m’étais fracassé contre le mur de cette église en mobylette. Je
m’étais en effet retourné pour vérifier si un copain me suivait toujours. Pas
de chance ! Cela m’avait valu un petit mois d’hôpital pendant les vacances
scolaires.
Arrivé à la
hauteur de l’église, j’ai eu la surprise de voir la voiture de Delphine au
milieu de la chaussée. Je me souviens surtout de son regard pétrifié.
Avait-elle compris que l’inévitable allait se produire ? La réaction a
pris le pouvoir sur la réflexion. J’ai inconsciemment eu le réflexe de faire un
effet de contre-braquage, en donnant un léger coup de main dans le guidon, de
façon à déséquilibrer la moto pour la faire changer rapidement de trajectoire.
Cette tentative
a réussi, ma moto s’est penchée, changeant de direction. Mais malheureusement, il
ne manquait que quelques centimètres pour éviter la voiture. C’est mon pot
d’échappement qui a touché le second phare antibrouillard. Ces petits
centimètres de trop allaient me coûter très cher ! Pour moi, il était trop
tard ; cela n’a duré que quelques secondes. J’ai été projeté loin de ma moto.
Je n’étais plus
maître de mon corps ni de mon sort, sans la moindre sensation de peur. Je ne
sais pas si mon esprit a eu le temps de tout imprégner.
Après coup, tout
s’est immobilisé…
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